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La place de la femme au Bénin et dans les projets socio-économiques

Dans un environnement géopolitique et socio-économique de plus en plus exigent du fait de la globalisation, il urge pour chaque nation de revoir ses stratégies de développement et surtout de réduction de la pauvreté. Pour y parvenir, le concours de ses hommes et de ses femmes s’avère indiscutable. Les dirigeants à divers niveaux de la société se doivent d’observer, d’introduire la dimension genre dans leurs activités voire dans leurs projets. Le concept genre n’est pas un simple concept en vogue, c’est une représentation du masculin et du féminin que se fait toute société en fonction de ses habitudes et fondamentalement de sa culture selon les époques. L’approche genre, de ce fait étudie les fonctions et les rôles sociaux, les statuts, les stéréotypes attribués selon qu’on est une femme ou un homme.

Face à cette nouvelle considération qui doit amener chaque individu à redéfinir sa manière de considérer les deux genres, la prise en compte ainsi que la mise en évidence de la complémentarité de ces derniers dans la société deviennent urgentes si un développement réel de notre société est souhaité.

Depuis l’enfance, la différence est faite en fonction des sexes. La fille doit être toujours aux côtés de sa mère, l’aidant dans les tâches ménagères et apprenant à assurer aussi bien la gestion et la survie du ménage. Pendant ce même temps, le garçon, lui, est interdit d’accès aux tâches dites « féminines » et est encouragé aux divertissements, à l’apprentissage, ou aux études…. Soutenu dans cette voie par son père puisque lui –même héritier de ces habitudes.
La femme a toujours été connue à travers son rôle traditionnel de « mère nourricière », celle-là qui a à charge l’entretien des enfants, de son époux voire de toute la famille. La société va jusqu’à lui restreindre son champ d’action puisque destinée à ces tâches de maison. Encore plus loin, il est quasi impossible de la retrouver surtout sur des questions de propriétés, des ressources et mieux sur celles liées aux prises de décision.

De ce fait, elle est la première à se lever et la dernière à se coucher. Avec l’évolution des époques, ces responsabilités sont de plus en plus diverses et variées. Les rôles de reproductrices, de productrices et d’actrice de travaux communautaires sont les principaux qui lui sont assignés. C’est elle qui de façon naturelle donne naissance, se charge de nourrir ses progénitures, des les éduquer, de les soigner, d’introduire leurs premiers pas dans la société. Elle a pour obligation d’être soumise à son mari et par suite d’être à son service surtout lorsqu’il s’agit des travaux champêtre où sa force est vivement sollicitée pour les semis, les désherbages, les récoltes et les conditionnements.

Comment atteindre le développement si la femme continue d’être marginalisée et très peu associée lors des prises de décisions ? Quels ont été les limites des approches développées par le passé incluant que les femmes ? Quel pourrait être la contribution des ONG dans l’amélioration des relations femme-homme dans le nouveau contexte genre et développement ?

Comment atteindre le développement si la femme continue d’être marginalisée et très peu associée lors des prises de décisions ? Quels ont été les limites des approches développées par le passé incluant que les femmes ? Quel pourrait être la contribution des ONG dans l’amélioration des relations femme-homme dans le nouveau contexte genre et développement ? Voilà autant de questions que nous nous sommes posées dans le précédent numéro. La position de la femme dans notre société fait d’elle, non pas la complice de l’homme pour la bonne marche du ménage, mais plutôt « son esclave ». Oui, c’est à cette place qu’elle se retrouve alors que si elle était considérée autrement, elle déploierait tout son potentiel pour le rayonnement de son foyer. Ne dit-on pas que la famille est le noyau de la société ? Il est évident que les réalités des familles se transposent dans la société. Consciemment ou non, le traitement affligé à la femme dans nos familles rejoint notre environnement immédiat voire même lointain. Si la femme, dès son enfance depuis sa maison, n’est pas encouragée à prendre des initiatives, à accepter des petits postes de responsabilité dans ce contexte ou à l’école ; il lui serait difficile, sinon impossible de vouloir en assumer ailleurs.

Prétendre au développement, suppose la prise en compte des hommes et des femmes qui composent la nation. L’un sans autre ne parviendra aucunement tout seul à ce challenge. Dès lors que tous sont conscients de ce challenge, il faudra permettre aux femmes d’accéder aux postes de décisions, les y encourager. Surtout que le constat est que lorsque les femmes sont positionnées à ces postes, elles les assument entièrement avec des résultats reluisants. Selon Fourn, 2011, au Bénin on en dénombre 51,5% de la population et elles représentent 36% de la population active agricole et 35,9% des actifs agricoles dans les exploitations traditionnelles. Cependant, la contribution des femmes au développement reste limitée en raison de leur marginalisation des secteurs porteurs de la production nationale. C’est donc pour permettre à la femme de retrouver une place plus digne et dans le but de réduire les inégalités ainsi que toute forme d’injustice faite à l’endroit des femmes que plusieurs approches se sont succédées les unes après les autres. Parti de l’approche du bien-être dans les décennies de 1960, on est aujourd’hui à l’approche genre.

Face aux nombreuses inégalités qui ont existées entre l’homme et la femme, les Nations Unies à travers l’ONU ont décidé de mettre tout en œuvre pour rétablir l’équilibre. L’approche qui a précédé l’approche Genre et développement est celle nommée Approche femme et Développement ou Intégration de la femme dans le développement (IFD), elle est arrivée avec pleine d’innovation et dans le souci de palier aux faiblesses des approches antérieures. Les besoins des femmes avaient été ciblés, avec pour objectif d’améliorer leur situation économique, alimentaire, sanitaire…

Les évaluations à mi-parcours de la Décennie des Nations unies pour la femme (1975-1985) ont montré que ces actions avaient souvent eu des effets pervers ,en cantonnant les femmes au rang de bénéficiaires, en gardant une vision stéréotypée du rôle des femmes (projets de santé, éducation des jeunes enfants, nutrition) et sans prendre en compte les inégalités initiales liées notamment à leur subordination. Les petits projets femmes se sont superposés les uns aux autres, contribuant à marginaliser la place des femmes dans le développement. (Cf Fiche Pédagogique Genre et développement, 2010). Des projets tout « cousus » ont été pensés et pratiquement imposés aux pays en mettant en avant la question de la femme, occultant les contextes socioculturels dans lesquelles chacune d’entre elle se trouve.

Ce fait n’aura renforcé que leur situation de vulnérabilité. Pour redimensionner le débat, les Nations Unies se sont donc saisies vers 1990 de concept élaboré par l’Université Harvard, la Banque Mondiale et l’USAID dans les années 1970-1980 (Fourn, 2011). Les inégalités entre l’homme et la femme se sont accrues, alors au lieu de considérer que la femme, il faut prendre en compte les deux genres. Cette prise en compte est valable dans tous les secteurs et domaines de la vie.

Il s’agit entre autres de l’éducation, la santé, l’environnement, les secteurs publics comme privés….. Chaque gouvernement devra donc intégrer cette dimension dans leurs politiques nationales afin d’en garantir le succès. Aujourd’hui encore plus qu’hier, les gouvernements du fait de leur incapacité à répondre aux besoins des populations se font aider par les Organisations Non Gouvernementales. Etre plus proches des communautés à la base est une des vocations des ONG. Etant donnés qu’elles servent très souvent d’intermédiaires entre les partenaires au développement et celles-ci dans la mise en œuvre de la coopération internationale. Elles sont supposées détenir des outils performants et des creusets adéquats pour propulser un développement durable. Les projets de développement constituent des occasions où la mise en avant de l’approche genre est indispensable.

Depuis la phase d’identification jusqu’à celle de l’évaluation en passant par celle de la mise en œuvre, l’intégration de la dimension genre s’avère inéluctable surtout pour l’atteinte d’un développement durable. Un exemple assez simple de projet portant sur le secteur de la santé. Pour s’assurer de son efficacité, les hommes aussi bien les femmes doivent être parties prenantes dans chaque phase dudit projet quelque soit la cible première. Prétendre à un hôpital de la mère et de l’enfant, suppose que les pères sont informés et qu’ils faciliteront l’accès aux mères et aux enfants. Pour cela, des séances de sensibilisation à l’aide de canaux de communication appropriée s’avèrent indispensables. Nous croyons que les ONG ont un grand rôle à jouer dans la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes.

Pour y parvenir, elles devront travailler conjointement avec l’Etat central et les partenaires au développement pour une croissance durable et partagée.

Nos partenaires
Ased
Fundacion Salvador Soler
Fundacion Alaine
ZEDAGA CH
Sed ONGD
Asociacion Africanista Manuel Iradier
http://ong.consumer.es/aic-asociacin-de-caridad-san-vicente-de-pal.86

Fondation
VIE POUR TOUS

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