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Genre et Education

Face aux nombreuses recommandations internationales, le Bénin n’a cessé de prendre des mesures et d’entreprendre des actions allant dans le sens de l’élimination des écarts entre genre qui persistent encore, surtout en milieu rural, en matière de scolarisation. Lorsqu’on analyse de près les effets néfastes que risque d’engendrer l’écartement d’une partie de la population du processus de développement, il urge pour les gouvernants d’adopter des politiques conséquentes pour les éviter. L’éducation est le point de départ pour le développement d’une nation. Un peuple éduqué est un peuple capable de transformer son environnement immédiat ainsi que tout son pays. L’éducation est étymologiquement l’action de « guider hors de » c'est-à-dire développer, faire produire. Elle signifie maintenant, plus couramment l'apprentissage et le développement des facultés physiques, psychiques et intellectuelles. L'éducation humaine inclut des compétences et des éléments culturels caractéristiques du lieu géographique et de la période historique. Chaque pays dans le monde dispose de son propre système éducatif, avec un rôle traditionnellement dévolu aux parents d'un enfant (ou à leur substitut) d'amener cet enfant aux mœurs de l'âge adulte. Certes, les parents ont l’obligation d’assurer une bonne éducation à leurs progénitures mais l’Etat encore, plus doit tout mettre en œuvre afin que chaque citoyen puisse jouir pleinement de ce droit. L'éducation est considérée comme un élément important du développement des personnes, ce qui justifie le développement d'un droit à l'éducation. Un système éducatif performant est donc un avantage majeur et source d’avantage distinctif des pays. Les pays se différencieront donc de par la performance de leur système éducatif. Il est à savoir que « éduquer » est différent d’ « enseigner ». Enseigner provient beaucoup plus de l’instruction qui est donnée à un enfant à l’âge d’aller à l’école. Enseigner, c'est transmettre à la génération future un corpus de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d'une culture commune. Il est souvent facile de confondre enseignement et éducation. En effet, ce dernier terme, beaucoup plus général, correspond à la formation globale d'un individu, à divers niveaux (au niveau religieux, moral, social, technique, scientifique, médical, etc.). Le terme enseignement, de son côté, se réfère plutôt à une éducation bien précise, soit celle de la transmission de connaissances à l'aide de signes. Enseigner est donc éduquer, mais éduquer n'est pas forcément enseigner. Il est du devoir des parents d'éduquer leurs enfants et de l'enseignant d'instruire. Quoi qu’à l’origine, surtout en contexte africain, un enfant à l’école est vu comme l’enfant de tous et donc susceptible d’être éduqué comme s’il était avec ses géniteurs. Cette tendance a presque disparu aujourd’hui. L'éducation ne se limite pas à l'instruction stricto sensu qui serait relative seulement aux purs savoir et savoir-faire (partie utile à l'élève : savoir se débrouiller dans le contexte social et technique qui sera le sien). Elle vise également à assurer à chaque individu le développement de toutes ses capacités (physiques, intellectuelles et morales). Ainsi, cette éducation lui permettra d'affronter sa vie personnelle, de la gérer en étant un citoyen responsable dans la société où, il évolue. Tout cela suppose qu’autant le garçon a besoin de cette éducation, qu’autant la fille aussi, a besoin de cette éducation pour mieux affronter les exigences de cette vie en société. Les relations de genre sont définies comme des mécanismes, particuliers à chaque culture, qui déterminent les fonctions et les responsabilités assignées aux uns et aux autres. Par effet, elles déterminent l’accès aux ressources matérielles (terre, crédit, formation, etc.) et immatérielles telles que le pouvoir. Le niveau d’intégration de cette notion n’est pas le même d’une société à une autre. Très souvent, l’aspect biologique de l’homme et de la femme façonne systématiquement la perception que leur entourage se fait du rôle que chacun devrait jouer. Les tâches et rôles sociaux des parents deviennent des modèles à suivre et une norme à observer. Ainsi, aux yeux des enfants, la mère se caractérise principalement par sa présence constante au foyer, sa disponibilité à répondre aux besoins de toute la famille, sa dépendance financière vis-à-vis du père au même titre que ses enfants. On considère qu’elle ne travaille pas puisqu’elle n’a pas d’horaire, ne dispose ni de salaire ni de congé, etc., que ses activités domestiques sont le prolongement naturel de son rôle de mère. Elle a aussi peu ou pas du tout droit aux loisirs personnels puisqu’on considère qu’elle reste tout le temps à la maison et qu’elle effectue des travaux moins fatigants et moins stressants ; en d’autres termes, elle n’a pas de quoi se plaindre. Quant au père, il est souvent absent du foyer ou le cas échéant, fatigué, préoccupé par son travail et ses responsabilités. Il a besoin de repos, de réconfort et de calme. Il symbolise l’autorité et l’autonomie et ses enfants lui doivent obéissance et dévouement. Il dispose d’un pouvoir décisionnel au sein de la famille dont il abuse parfois sans concertation ni avec sa femme ni avec ses enfants même lorsqu’ils sont adultes. La mère peut de temps en temps compter sur lui pour infliger des corrections ou des punitions aux enfants ou pour les décisions importantes qu’elle ne peut pas prendre seule. Il arrive au père de s’adonner à des activités de loisirs avec sa famille, mais il partage rarement la responsabilité de l’éducation et du soin des enfants en dehors des rapports d’autorité (Belarbi, 1991). Cette description qui vient d’être faite de la réalité dans les ménages de notre pays en général connaît des exceptions mais il est important de souligner que la majorité des familles ne se dérobe guère à celle-ci. Le décor n’est pas différent dans les lieux d’enseignement car cette perception sexiste des rôles y est transposée. Les filles sont traitées avec beaucoup de délicatesse et les garçons avec plus de rigueur. Chacun sait d’avance à quel métier il peut prétendre ou non surtout que l’école développe et intègre en lui des perceptions, des valeurs et des attitudes qui assurent le fonctionnement de la société en deux cultures distinctes, l’une «masculine» et l’autre «féminine». A l’influence des enseignants s’ajoutent les manuels scolaires qui présentent des images très stéréotypées du masculin et du féminin et tentent de renforcer chez l’élève les modèles déjà intériorisés au sein de la famille. Ce qui ne favorise pas naturellement la réduction des disparités constatées dans les droits et devoirs des deux genres. Selon une étude réalisée par la Banque Mondiale en 2002, la proportion de la classe d’âge qui termine le primaire s’inscrit dans une fourchette qui va de 70% chez les garçons urbains à 14 % chez les filles rurales (47 % chez les filles urbaines, 39% chez les garçons ruraux). Les filles enregistrent ainsi les taux les plus bas aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Quant à l’écart entre sexes, il est beaucoup plus important en milieu rural qu’en milieu urbain. Il en ressort aussi que les filles enregistrent les taux les plus bas aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les efforts menés par les gouvernants semblent avoir impacté positivement les milieux urbains car le nombre d’enfants errant dans les rues a considérablement diminué, surtout avec la gratuité de l’enseignement au primaire aujourd’hui. C’est plutôt dans les zones rurales que l’accès à l’instruction pour les filles reste un parcours de combattant. Les parents sont retissants du fait des pesanteurs et considérations sociologiques. La problématique de la scolarisation des filles est d’actualité. En effet, même si elle reste conçue aux yeux des parents sous une forme encore utilitaire, la scolarisation des filles est de plus en plus acceptée aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Cependant, des efforts importants restent à faire en milieu rural pour réduire l’écart qui existe entre les deux milieux. A l’instar des Organisations qui œuvrent, pour la promotion du genre, la Fondation Vie Pour Tous a entrepris depuis dix (10) ans une lutte acharnée pour l’égalité des droits surtout ceux relatifs à l’éducation. La création de plusieurs centres de formations féminin ainsi que des écoles et collèges, en est une preuve. On retrouve par exemple, à l’école primaire Esteban de Sirarou, œuvre de la Fondation, 53 filles scolarisées contre 44 garçons. Il est à remarquer que Sirarou est une zone rurale, située à une trentaine de kilomètre de Parakou ; village où initialement la scolarisation des filles n’était pas une priorité. Les actions dans ce sens sont nombreuses et la Fondation ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les Organisations Non Gouvernementales qui interviennent dans le domaine de l’éducation prêtent main forte à l’Etat afin de poursuivre là où il n’arrive pas à intervenir. De plus en plus avec l’aide de la communauté internationale, à travers la mise en place de projet de développement, ces ONG facilitent l’inscription des filles et encouragent leur progression jusqu’au cycle universitaire parfois. Ce sont des actions à multiplier car c’est à ce prix que l’écart entre le taux de scolarisation et de fréquentation des filles et des garçons, pourrait être réduit. Rendez-vous pour le prochain numéro !

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Fundacion Salvador Soler
http://ong.consumer.es/aic-asociacin-de-caridad-san-vicente-de-pal.86
ZEDAGA CH
Ased
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Asociacion Africanista Manuel Iradier
Sed ONGD

Fondation
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